Jeudi 28 Février 2008.
Un jeune homme d'une quinzaine d'année est assis sur un lit. Il est blond aux yeux verts. Il se lève et s'approche de la fenêtre. Le blondinet, c'est moi. J'ai seize ans. Je m'appelle Milo Hairds. Aujourd'hui, c'est mon anniversaire. Anniversaire... Généralement ce mot nous mets très souvent de bonne humeur. Mais moi... Moi, je ne souris plus grâce à ce mot. Je ne souris plus tout court d'ailleurs. Oui, depuis que mon père a quitté ma mère pour un homme, tout à changé. Ma génitrice est devenue homophobe dès ce jour. Elle n'ose plus sortir de la maison. Elle ne veut plus me voir, moi, son fils!
Ce matin, mon père est passé à la maison, il a déposé son cadeau et est parti.
Le repas du midi fut bien triste. Je passe à ma mère son repas à l'aide du monte charge qui va dans sa chambre. Mon père n'était pas là. Et moi j'étais seul. Seul devant une assiette avec une simple tranche de jambon et un peu de chips. J'allume une bougie, et en me souhaitant mon anniversaire, la souffle. J'attrape le cadeau de mon père. Je l'ouvre sans émotion, sans précipitation. Je ne m'attendais pas à un cadeau extraordinaire, heureusement, car j'aurais été déçu. Un beau stylo et un cahier. Super...
Je range ma table, récupère mon cadeau et monte dans ma chambre. Le papier peint se décolle un peu de mes murs. C'est un papier jaunit par le temps. Je pose mon cadeau sur mon lit et tire sur un morceau de papier qui allait bientôt rejoindre le sol. Je le lâche par terre. Il tombe tel une plume. J'ai regardé le pauvre morceau de papier sur le sol et je me suis retourné pour m'asseoir sur mon lit. Je ne bouge plus comme mort. Le regard dans le vide, je me lève et me dirige vers la fenêtre. Je l'ouvre. J'empoigne un barreau. Oui, un barreau... J'ai des barreaux devant ma fenêtre car ma maison était un ancien centre pour les fous. Ça rassure!
Je regarde dehors, rêvant pas comme tous les enfants d'aventure et d'amour, non, moi je rêve de vie. Un vent entre dans ma chambre et refroidit la pièce. Je ferme la fenêtre et retourne vers mon lit.
Un cahier et un stylo... Un cadeau qui pourrait aller aux filles comme aux garçons. Si j'avais été plus jeune, mon père aurait pu m'offrir une Barbie. J'ouvre le cahier et écrit la date.
Jeudi 28 Février 2008. Que vais-je écrire encore?
Une phrase me vient à l'esprit.
Une idée?
Oui.
Je l'écrit sur le cahier.
Un volet claque. Le ciel s'assombrit. Trois ombres apparaissent dans le ciel.Pendant que j'écrivais ceci, j'entendis mon volet claqué.
J'ai regardé à la fenêtre, le ciel s'assombrissait.
Quelque temps après trois ombres apparurent.
Coïncidences?
Je continue donc d'écrire.
Les trois ombres s'agrandirent afin de ne faire qu'une seule et grande ombre. L'ombre s'assombrit plus. Je comprit donc que la bête allait bientôt apparaître. À mon grand étonnement, je vis trois oiseaux. J'entendis un capharneum immense après la fin de cette phrase.
Je regarde par la fenêtre et je vois trois oiseaux comme je l'avais écrit.
***
Un aigle, qui semblait être le chef entre lui et les deux autres oiseaux qui étaient des mouettes, me fit comprendre d'un geste de la tête qu'il souhaitait que je monte sur son dos.
Ébahi, je regarde mon cahier, l'aigle, mon cahier et enfin l'aigle.
Que dois-je faire?
Un coin de ma tête me dit de ne rien faire et le reste du cerveau me dit de tenter cette aventure.
Je voulais rester ici car je craignais que ce n'était qu'une illusion.
Je continuais à réfléchir en regardant la grande bête.
Celle-ci fit demi-tour, déçue.
«
Attendez!
M'écriais-je. »
Les oiseaux s'arrêtèrent avec une lueur d'espoir dans les yeux.
Pourquoi je leur avais dit de m'attendre?
Désirais-je partir avec eux?
Que dois-je faire?
Avec étonnement, je choisis la solution la moins intelligente, c'est-à-dire partir avec eux.
Cela me faisait bizarre d'accepter que les oiseaux peuvent me comprendre, que tout ce que j'écrivais sur mon cahier devenait réalité.
Moi qui étais plutôt terre à terre.
Je pris un sac à dos et je mis: le cahier, le stylo, une gourde, la photo de mon père et ma mère, quelques feuilles.
Je lance le sac sur le dos.
Je me retourne vers la fenêtre.
Les oiseaux étaient toujours là, à m'attendre.
Je m'avance vers l'aigle, mais avec ma précipitation j'avais oublié les barreaux.
Putain de barreaux!
Je pouvais être libre, vivre et toi tu gâche tout!
Les oiseaux me regardèrent étonnés.
Quoi?
Elles n'ont jamais vu un garçon s'énerver contre des barreaux?
Je m'énerve pour un rien.
Je glisse sur le sol et me met à pleurer.
J'entends en fond sonore les oiseaux se piailler entre eux.
Les oiseaux...
Comment étaient-ils arrivées là?
Mon cahier...
Peut être qu'il...
J'ouvre mon sac et sort mon cahier et mon stylo.
Comment pourrais-je formuler mon voeux?
Je réfléchis en regardant mon stylo.
Il y a quelque chose d'écrit dessus.
Je n'avais jamais remarqué cela.
Je peux créer, modifier, effacer. Je ne suis pas Dieu mais j'ai un pouvoir tout aussi grand.Où est-ce que mon père est allé dénicher ça?
Et puis c'est quoi cette phrase farfelue?
Je retire cette phrase de ma tête et continue à chercher la manière de...
Après m'avoir demandé de monter sur son dos, les barreaux qui me retenaient prisonnier s'effacèrent pour enfin disparaître à tout jamais. ***
Je lève les yeux du cahier.
Les barreaux disparurent.
Je pousse un cri de joie, je range mon stylo et mon cahier dans le sac, je le mets sur mon dos, j'enfile mon manteau et mon écharpe, en
Février il ne fait pas très chaud, et cours vers la fenêtre.
Je l'enjambe et je marche sur le toit de ma maison.
C'est bête mais depuis longtemps je rêvais de m'enfuir par la fenêtre.
Je monte sur l'aigle.
J'ai peur.
Peur d'être trop lourd, peur d'écraser la pauvre bête.
Peur que tous s'efface...
L'oiseau ne réagit pas face à mon poids.
Je suis soulagé.
L'aigle déploya ses ailes et s'envola, suivi par les deux mouettes.
L'animal monta en pente raide.
Je pousse un cri et m'accroche aux plumes de l'aigle.
Celui-ci ne réagit pas mais il continua à monter.
Mon écharpe volait au vent et me fouettais le visage.
Mon manteau ralentissait la montée de l'animal.
«
Moins vite!
Moins vite!
Réussissais-je à crier.»
L'aigle, comme s'il m'avait compris, arrêta de battre des ailes et se laissa planer grâce aux vents.
L'altitude m'empêchait de respirer correctement.
À moins que c'était la peur.
Ou peut être les deux en même temps.
Où m'emmenait-il?
J'aimerais bien voir la mer, l'océan.
L'aigle poussa un cri.
Un cri magnifique.
Il m'indiquait quelque chose.
Je regarde en bas.
Je ne voyais que des nuages mais... c'était magique.
Le vent était doux, agréable et chaud par moment.
Je respire un bon coup.
Ça sentait quelque chose...
Je n'arrivais pas à définir quoi.
Une odeur que je n'avais jamais senti.
Une odeur.... de liberté.
Je m'exaltais à cette idée.
Libre...
Enfin...
Je continuais de profiter de cette odeur, j'essayais d'absorber le plus d'air possible pour en garder le souvenir.
Tout à coup, l'odeur a changé.
Maintenant elle était plus... plus....
Salée?
Salée...
Pourquoi salée?
J'ai baissé les yeux vers le sol.
Et là...
Je vis...
Ce que je rêvais de voir...
La mer.
Une grande étendue d'eau bleu turquoise comme celle qu'on voit sur les cartes postales.
Mais soudain, je ne sais pas ce qu'il met arrivé mais, je ne me sentais pas bien.
J'étais pris de vertiges, de nausées.
J'ai sorti mon cahier et mon crayon et je me suis mis à écrire:
Pendant le voyage dans les airs, je fus pris de nausées. Heureusement pour moi, une terre venait d'apparaître dans cette immensité bleue. L'aigle et les deux mouettes partirent en piquet vers la terre...***
L'aigle décrivit un arc de cercle et plongea vers le sol.
Je hurlais comme un fou.
Je ne voyais pas d'île, même pas un petit rocher!
Si l'aigle continuait à foncer vers l'océan, j'allais me retrouver noyer en quelque temps!
Je ne veux pas mourir!
Qu'elle idée m'a prit de suivre cette aigle?
Pourquoi?
J'aurais dû rester chez moi comme chaque année à me tourner les pouces!
Pendant que je devenais fou intérieurement, j'ouvris les yeux.
Une...
Une....
Terre!
Il y a une terre!
Je ne vais pas mourir!
Je me suis mis à réfléchir...
S'il y a maintenant de la terre, cela veut dire que l'atterrissage sera plus douloureux!
Oh non!
Je ressortis mon cahier et mon stylo.
Je l'ouvre.
Le vent était tellement fort, que à chaque fois que je voulais écrire quelque chose, mon écharpe me cachait la vue.
J'étais à une vingtaine de mètres du sol.
J'allais m'écraser!
J'écrivis de justesse.
Avec majesté, les oiseaux se posèrent délicatement sur le sable blanc.Enfin la terre ferme!
Comme ce que j'avais écrit, les oiseaux se posèrent sans problème.
Une fois descendu de l'aigle, il s'envola toujours suivis par les mouettes et ils disparurent dans le ciel.
Je regarde l'île.
Du sable blanc, une forêt vierge et personne aux environs.
Une île quoi!
Je m'avance dans la forêt.
Mais j'entendis un bruit, comme un animal, une sorte de ronflement.
Je me suis arrêté.
Et j'ai regardé autour de moi.
Je ne voyais rien.
Et pourtant le bruit continuait.
Il était proche, très proche, trop proche.
Je lève les yeux et je vois un homme avec une longue barbe endormi sur une branche.
Il avait les cheveux hirsutes, noirs.
Ses habits étaient déchirés, comme ceux des naufragés que l'on voit à la télé.
Devais-je le réveiller ou non?
Je n'ai pas eu cette peine: un petit ouistiti est arrivé sur une branche plus haute que celle où dormait l'homme.
Le petit singe lui crotta dessus.
Le dormeur se réveilla en sursaut et maudit le singe.
Il l'insulta de tous les noms d'oiseaux qu'il trouvait.
La petite bête s'enfuit.
L'homme maugréa.
Sa voix était grave et agréable à entendre.
Il allait s'endormir, mais il m'entendit.
J'avais fait un pas sur le côté pour me sentir plus à l'aise mais, comme par hasard, j'avais marché sur une branche sèche.
L'homme me regarda étonné.
Il sauta de l'arbre et vint se placer devant moi.
Il était grand et musclé.
Son imposante morphologie faisait peur mais rassurais grâce aux muscles importants et très développés.
«
Qui es-tu?
Me demanda-t-il avec une voix qui était forte.
-
Milo, murmurais-je.
-
Quoi?
Crie-t-il.
-
Milo, monsieur. »
J'étais très intimidé.
Mais il me sourit et s'exclama:
«
Enchanté
Milo!
Moi c'est
Anatole.
-
Content de faire votre connaissance monsieur
Anatole. »
***
L'homme rit aux éclats.
Ma dernière phrase n'avais pas le bon ton par rapport à ce que je disais.
J'étais effrayé.
Je ne connaissais pas cet homme.
«
Quel âge as-tu
Milo? »
Je ne répondis pas.
«
T'inquiète pas, je ne vais pas te manger!
Moi j'ai trente-deux ans.
-
Et moi seize.
À partir d'aujourd'hui.
-
Ah!
Bon anniversaire mon p'tit!
-
Merci.
-
Que me vaut ta venue?
-
C'est assez difficile à expliquer et assez fou aussi...
-
J'adore les histoires farfelues!
Vas-y je t'écoute.
-
Mais c'est très long et... »
Anatole rit de nouveau.
Il m'attrapa et me mit sur ses épaules, comme les parents font pour les enfants en bas âge.
Il m'emmena dans sa petite «maison» .
C'était assez original comme endroit.
Simple et très original.
En fait, il y avait simplement deux grosses bûches pour faire des sièges.
Il me dépose sur une et s'assoit en face.
Je me suis mis à raconter tous ce qui s'est passé.
Malgré que cette histoire soit complètement folle, il m'a écouté sans me couper la parole.
Une fois mon histoire contée, je me sentais plus à l'aise.
Je lui ai donc demandé:
«
Et vous, monsieur
Anatole, pourquoi êtes-vous ici?
-
Arf!
Mon garçon!
Mon histoire est aussi originale que la tienne.
Vois-tu, j'ai toujours rêvé de m'enfuir de la ville pour pouvoir changé d'air.
Donc j'ai pris un bateau et j'ai voyager sur l'océan.
Mais l'année dernière, une tempête a fait rage et je me suis retrouvé ici.
Voilà!
-
Et vous n'avez pas cherché à rentrer chez vous?
-
Non
-
Pourquoi?
-
Cherche pas mon p'tit!
Problème de grands!»
Et la discussion s'arrêta là.
Il me proposa de dormir ici avec lui.
Les nuits étaient bruyantes et dangereuses dans cette forêt.
***
Je l'ai écouté.
Je me suis endormi en hauteur sur une branche.
Je ne sais pas si j'ai fait le bon choix de rester avec lui.
Après tout, je ne le connais pas.
Si ça se trouve c'est un criminel!
Non...
Un bras robuste me secoue.
Je me réveille en sursaut.
Anatole me récupère avant que je tombe.
Il me pose et me tend une feuille contenant une banane coupée en petits morceaux.
Je la déguste.
Puis il m'emmena près de son bateau qui avait échoué.
Il était en assez bon état malgré la tempête.
Mais tout était trempé, donc inutilisable.
Nous sommes restés allongés sur la plage.
«
Milo...
-
Oui, monsieur
Anatole?
-
Arrête de m'appeler «
Monsieur ».
Je ne suis pas si vieux que ça!
Fais comme si j'étais ton pote.
-
Bien, m...
Anatole.
-
En fait
Milo, je voudrais savoir...
-
Oui?
-
Ton cahier, il réalise vraiment tous ce que tu veux?
-
Oui je crois.
Pourquoi?
-
Eh bien...
Hier, quand je t'ai dit que j'ai toujours voulu quitter la ville, je t'ai en quelque sorte mentit.
En fait....
Je suis partis car je cherchais une femme.
Tu vas trouvé cela ridicule mais...
J'ai toujours voulu fonder une famille.
-
Que faisiez-vous comme métier avant?
-
Je n'avais pas vraiment de métier à vrai dire.
J'étais... maçon...
-
C'est un métier comme les autres, vous savez!
-
Si seulement les femmes pensaient comme toi... »
Je me suis mis à pleurer.
Je ne sais pas pourquoi.
Anatole s'est assis et m'a pris dans ses bras réconfortants.
J'ai pensé à ma mère.
Ma mère qui avait peur des hommes.
Je me suis dégagé des bras d'
Anatole et je suis parti en courant vers mon sac.
J'avais besoin d'être seul.
Je crois que j'ai énormément blessé
Anatole.
J'irais m'excuser tout à l'heure.
***
Je découvris un jeune homme d'une trentaine d'années. Il s'appelait Anatole. Il me fit visiter l'île, ou du moins ce qu'il en connaissait, c'est-à-dire, pas grand chose. Alors qu'Anatole était en train de se reposer sur le sable chaud, une idée lui vint. Il se leva et partis vers son bateau. Il le retapa pour qu'il puisse repartir sur les mers, retrouver sa vie et enfin trouver une femme pour fonder une famille. Anatole se leva, étonné.
Il me lança un regard.
«
Milo!
Qu'est-ce que tu fais?
Tu ne te débarrasseras pas de moi comme ça!
Milo!
Arrête ça toute suite!»
Je pleurais.
J'ai pris mes affaires et j'ai suivis
Anatole.
Comme ce que j'avais écrit, il reconstruisait son bateau en maugréant.
Mon ami faisait tout pour arrêter ses gestes, mais il n'y arrivait pas et n'y arrivera jamais.
Quelques jours plus tard nous sommes partis sur les flots,
Anatole et moi.
Nous avancions sans trouver la moindre terre.
Nous étions perdus.
L'aigle et les deux mouettes reviennent me voir. Les oiseaux nous soutenaient moralement. Malgré tous, nous étions perdus. Un matin, la brume cachait le paysage. On ne voyait pas plus loin que son nez. Un bruit sourd fit son apparition. La mer s'agita. Le bruit s'accentua. Des grosses vagues de plusieurs mètres de hauts arrivèrent. Un monstre de trois mètres sorti l'eau. Il poussait le même crie que tout à l'heure. C'était une baleine. Anatole tira sur la bête pour être accrochée à celle-ci. La baleine cria de douleur et s'avança à vive allure tout droit vers un endroit qu'on ne voyait pas. La brume s'estompait au fur et à mesure que l'on avançait.
Une heure s'était écoulé. J'avais le regard tiré vers la proue du bateau. Et je la vis. La dame grise, la femme de métal, la flèche, la Tour Eiffel. Nous voilà enfin près de Paris. Anatole a enlevé le harpon de la baleine lui permettant donc de s'enfuir. Nous avançons sur la
Seine.
Près d'un escalier, nous nous arrêtons et descendons du navire.
Nous prîmes les transports en commun pour arriver à ma petite banlieue.
J'entre chez moi, suivis de
Anatole qui continuait de maugréer.
«
Va te laver!
Ordonnais-je.
-
Non merci mon petit.
Je suis déjà lavé...
-
Excuse-moi, mais premièrement tu ne sens pas la rose et deuxièmement, ce n'est pas une proposition mais un ordre.
-
Oh!
Que t'arrive-t-il
Milo?
Je te trouve bien pressé!
-
Va te laver!
-
Non.
On ne parle pas comme ça à un adulte. »
J'ouvre mon cahier.
«
Milo, ne recommence pas!
Non Milo!
Tu ne dois pas....
-
Tais-toi! »
***
Deux rivières coulaient de mes yeux.
Je n'avais pas l'habitude de hausser le ton, surtout envers un adulte.
Mais là, j'avais une idée.
Et je savais qu'il allait tout faire pour m'arrêter.
Anatole partit dans la salle de bain, prit les vêtements de mon père. Il se lava très rapidement mais comme il faut. Il s'habilla des habits que je lui avait passé. Il se rasa, se parfuma et sortit enfin de la salle de bain.Anatole était beau.
Il ressemblait à mon père.
Tout devrais bien se passer.
Tout doit bien se passer.
Il se dirigea vers la porte de ma mère. «
Milo...
Arrête s'il te plaît.
Je sais très bien ce que tu veux faire...
Mais écoute moi je t'en pries.
Laisse-moi deux minutes. »
Je referme le cahier.
«
Vas-y.
Je t'écoute, dis-je sur mes gardes.
-
Ce que tu veux faire...
Je veux dire, tu veux me mettre avec ta mère c'est ça?
-
Oui, dis-je simplement, comme si c'était normal.
-
Alors écoute-moi mon garçon.
La vie ne se fait pas sur un cahier.
Comme le dit ton crayon, tu n'es pas
Dieu.
Tu ne dois pas décider de nos actes.
Même si, après, ça tu va me faire venir voir ta mère, je ferais tout mon possible pour que tu n'arrive pas à tes fins.
-
Pourquoi?
-
Je ne veux pas aimer une femme rien parce que tu me l'oblige.
Je veux retourner sur mon île, me faire crotter dessus par les ouistitis, vivre ma vie comme je le veux et non commandé par un petit garnement comme toi.
Tu n'es pas
Dieu, n'oublie pas ça! »
Je retourne le cahier en réfléchissant sur ce que venait de me dire
Anatole.
Sur la quatrième de couverture, il était écrit la suite de la phrase farfelue du stylo.
Je suis simplement écrivain. Les larmes continuaient de couler.
Anatole avait raison...
«
Pars si tu veux, mais n'oublie pas de m'écrire... »
Anatole m'a caressé les cheveux puis m'a embrassé et a disparu près de la porte.
Anatole revint sur son île après avoir quitter ma petite maison. L'aigle l'attrapa à l'aide de ses serres par les épaules et s'envola, loin, très loin. Et ils disparurent dans les nuages. ***
28
Février 2009.
Mon père est passé comme l'année dernière.
Il m'a mis dans une enveloppe un billet de cinquante euros.
Mais je m'en fichais de son cadeau.
J'attendais autre chose.
Un autre cadeau.
Enfin, pas trop un cadeau, une lettre.
Une lettre de mon vieil ami.
Une lettre d'un homme que j'avais rencontré.
Une lettre d'une personne qui a vécu mon aventure avec moi.
Une lettre d'un être que je considère maintenant comme un père.
Une lettre d'Anatole.
J'attends donc le facteur devant la porte.
Il n'y a toujours pas de lettre.
Midi et demi.
Je rentre chez moi déçu.
Je me suis fait encore avoir par un «père».
Je m'installe sur une chaise.
Et déguste mes oeufs aux plats.
On toque à la porte.
Je me précipite sur la pauvre poignée et je regarde dans le juda.
C'est lui...
Je lui ouvre.
Il n'a pas changé.
Il est vêtu des affaires de mon père.
Sa barbe a encore poussée.
Il entre.
Je ferme la porte.
On se regarde, comme si on ne s'était pas vu depuis longtemps.
C'était le cas.
Un an s'était écoulé.
Un an que je n'avais plus de nouvelles.
Un an que tous avais changé.
Je l'enlace.
Je sens deux rivières couler de ses yeux et qui se transforment rapidement en fleuves.
Il me raconta ce qui s'était passé après être parti.
Il a rencontré une jeune femme
Cunégonde.
Il s'est marié avec elle.
Ils vivent sur l'île.
Il m'expliqua qu'il ne pouvait m'envoyer de cartes, la poste ne passait pas par son île.
Il est resté tout une journée avec moi.
À 20h30, il est reparti.
Je souris pas parce que j'étais heureux qu'il parte, non, car
Cunégonde était ma création.
Je peux créer, modifier, supprimer.
Je ne suis pas
Dieu mais j'ai un pouvoir tout aussi grand.
Je suis simplement écrivain.
Je l'ai écrit, je l'ai créé,
Cunégonde.
Je l'a connaissais sans l'avoir vue.
Elle était sa femme, comme il l'avait rêvé, et comme je l'ai faite pour lui...
Anatole ne put revenir me voir les années suivantes.
Mais je savais qu'il allait bien.
Il avait fondé une famille, il avait eu deux filles et deux garçons.
Il avait réussit à dompter le ouistiti.
Tous les soirs, il racontait à ses enfants mon aventure.
Et tous les soirs, ils la redemandaient.
C'était comme ce que j'avais écrit.
Maintenant mon cahier est plein.
Je ne peux plus écrire, créer.
Maintenant
Anatole et
Cunégonde vivent leur vie.
Pendant que pour moi, je vais l'arrêter.
Je vais partir sur les océans, comme mon «père» , partir moi aussi chercher une famille, tout comme lui.
J'espère un jour trouver un garçon qui viendra me sauver...
FIN
OO
(...o..)
°(.........)°
°° °°
Kaeru...